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 On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou

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J'habite sur Leviathan
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MessageSujet: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Jeu 5 Déc - 21:50

Yeux au plafond, bras croisés, dans une attitude qui trahissait clairement tout le bien qu'il pensait de l'activité à laquelle il était en train de perdre sa matinée, Shaanzar attendait sagement son tour. C'était devenu une habitude: il passait plus de temps à s'enraciner dans le hall d'entrée de l'ensemble des structures administratives de Léviathan - du moins celles qui traitaient de l'émigration et de tout ce qui lui était lié - qu'à faire quoi que ce soit de véritablement utile - du genre, décoller et aller foutre une raclée aux xoïdes qui les attendaient de pied ferme, suffisamment nombreux pour que cela soit un crime de forcer les centaines de noxiens qui l'entouraient - et lui même - à se fossiliser le derrière contre une banquette inconfortable en attendant de se faire cuisiner par l'administration et les médecins de l'ambassade, là où ils auraient pu faire avancer les choses. Enfin bon. A force de ruminer les mêmes pensées - ce qu'il faisait depuis son arrivée sur cette foutue colonie - il allait finir par se changer en disque rayé. Mieux valait qu'il se fasse une raison et qu'il cesse de broyer du noir - c'était déjà suffisamment désagréable de devoir poireauter sans volontairement rendre l'expérience pire qu'elle ne l'était déjà.

Bon. Allez. Un soupir plus tard, et Shaanzar laissait sa tête retomber, de sorte à être capable de balayer la pièce du regard. On avait beau être dans le coin le plus noxien de tout Léviathan, l'intérieur de ce bâtiment souffrait de lourdes inspirations primates. C'était encore une de ces grandes salles d'attente aux allures minimalistes et élancées. Les murs, d'un blanc pur et presque luisant, penchaient légèrement vers l'intérieur. Outre le fait que la géométrie inhabituelle des lieux donnait un peu le tournis, les parois de la pièce avaient l'air d'être recouvertes de peinture métallisée, et c'était plutôt bizarre... Mais après avoir été traîné dans un bar ou le plafond avait été remplacé par un hologramme qui représentait le cosmos, et dans lequel une géante rouge explosait de temps en temps sans prévenir, il en aurait fallu beaucoup pour le surprendre. De fausses plantes suspendues tenaient lieu de décor et remplissaient l'immense espace au dessus de leur tête. Il devait bien y avoir quatre mètres de hauteur: plus loin, des escalators lumineux grimpaient jusqu'à un second étage qui entourait le rez de chaussée tel une couronne. Des appliques rajoutaient quelques couleurs à la pièce qui aurait semblé austère sinon. Elles déversaient des teintes tamisées, parfois bleues, parfois vertes, contre les parois qui les soutenaient. Les effets de diffusion et de spécularité donnaient au tout un rendu relativement fascinant, moderne et agréable, mais loin de faire oublier au noxien la raison de sa venue, et le fait qu'il aurait préféré être ailleurs.

Il venait de se faire enregistrer - pas plus tard qu'il y a quelques semaines de ça - mais visiblement il avait mal choisi son moment, car le recensement trimestriel de la population noxienne de Léviathan avait lieu maintenant, et il allait être obligé de répondre aux questions des secrétaires attardées une fois de plus, afin qu'elles vérifient qu'aucune erreur ne s'était glissé dans son dossier, et qu'il était toujours valide. Basiquement, cette étape servait à se tenir au courant des agissements des noxiens de la colonie - à croire qu'on ne leur faisait pas confiance. Mais c'était surtout l'occasion de leur faire passer une sorte de visite médicale obligatoire. Après tout, malgré leurs ressemblances - eurk - les humains et les noxiens possédaient des organismes foncièrement différents. Ces dernières années des épidémies graves avaient frappé les colonies - l'une de ces ragoutantes fièvres hémorragiques qu'on aurait préféré mortes avec le globe terrestre avait fait son apparition. Les noxiens avaient été chanceux: ils étaient naturellement immunisé contre le germe responsable de la maladie... Ce n'était pas le cas des humains. Autrement dit les noxiens étaient tout à fait capables de jouer le rôle de porteurs sains: sans jamais tomber malade, ils pouvaient être vecteur du mal et devenir dangereux pour les humains qu'ils croisaient. Afin de ralentir la propagation du virus, un système de recensement médical avait été mis en place. On pouvait ainsi mettre en quarantaine les individus touchés jusqu'à la fin de leur période de contagion.

Paranoïaque, Shaanzar crut voir à plusieurs reprises le visage de Tili se détacher de la foule de ses semblables. Visiblement lui et elles semblaient voués à se rencontrer sans prévenir, surtout quand il s'agissait de batifoler dans les joies de l'administration. Pourtant, par un quelconque miracle, depuis une heure qu'il poireautait ici, la jeune femme n'était pas encore apparue. Il n'était pas certain de vouloir qu'il en soit autrement. Elle était bizarre. Il n'était pas certain qu'elle fut réellement "fréquentable", au sens noxien du terme. Et enfin, elle avait un don parfaitement irritant pour se casser sans prévenir, au moment où il s'y attendait le moins. Haussant les épaules dans un geste aussi nonchalant que blasé, il abandonna l'idée de faire quoique ce soit d'intéressant des quinze prochaines minutes, et retourna dans sa position d'attente initiale. Au moins, il n'y avait personne pour le regarder bizarrement sous prétexte qu'il avait gardé sa tenue traditionnelle et qu'il se contrefoutait des normes de la colonie. Il n'y avait presque pas d'humains dans la pièce.
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Lun 9 Déc - 15:10

Léviathan. A première vue une forteresse impressionnante, grouillante de possibilités... Bien qu'Alekaan était là par obligation, elle n'avait pas eu l'intention de se morfondre sur son sort. Il fallait rester positif, bien qu'elle n'apprécie pas du tout le fait d'être là. Et encore, ça c'était à son arrivée. Un guide leur avait montré des lieux où ils pouvaient circuler librement, étant noxiens de souche, ce n'était pas évident de se balader selon leur désir... On lui avait montré ses quartiers, et puisqu'elle était là en temps qu'ouvrière, elle n'avait le droit qu'à une maigre chambre dans le quartier nox. Elle avait à peine la place de s'entraîner, mais s'était décidée que dès qu'elle avait assez d'argent elle se paierait un meilleur logement.
Elle inspira profondément, reniflant scrupuleusement les odeurs qui l'entouraient. Oui à première vue Léviathan était un lieu impressionnant... Mais maintenant elle en voyait les dessous, son avis avait divergé. Et là, dans l'instant, elle était en Enfer. Une visite médicale? ils étaient sérieux? Elle venait à peine d'arriver, qu'est-ce qu'ils voulaient exactement? Il y avait quelques noxiens autour d'elle, attendant dans une file d'attente qui semblait interminable. Tout le monde semblait lambiner, à peine se parler... Elle regarda froidement autour d'elle. Qui étaient ces gens? Ils étaient vêtus humblement, si ce n'est trop humainement. Ce ne fut pas long avant qu’elle sache exactement ce qu’ils étaient : des parias. Elle détourna son regard d’eux, comme si un simple contact visuel pouvait les faire déteindre sur elle. Alekaan était une jeune nox cultivée, et avait lu grand nombres de documents et récits sur des parias, mais les voir ainsi, autour d’elle… C’était répugnant. La majorité étaient courbés, les yeux tournés vers le sol, l’air las. Elle avait lu qu’il était fréquent que des parias soient embauchés par des humains pour travailler la nuit ; certains ici devaient peut-être rentrer de longues heures de travail… Quelle humiliation, se dire qu’ils étaient de la même race. Comment pouvaient-ils travailler à la bottes des humains ? Où était passée leur fierté ?! Si cela ne tenait qu’à elle, ils auraient leur propre salle d’attente, pour ne pas se mélanger aux noxiens pures.
Elle mit alors une main dans la poche de son pantalon en matériau brut. Pour l'occasion, elle s'était limitée à ses vêtements pratiques mais élégants, mais malgré tout peu féminins ; il fallait qu’elle se fonde dans la masse, et surtout, autant garder ses meilleurs vêtements pour des moments plus... Mémorables. Une visite médicale ne méritait pas plus.
La salle était considérablement petite, un lieu d’attente typiquement humain par ailleurs. Elle avait lu dans un magasine que les humains avaient des salles comme cela partout, que ce soit chez le médecin, dentiste ou même devant un bureau d’administration… Quelle idée. Les humains avaient des vies si courtes et ils avaient des règles qui faisaient qu’ils devaient gaspiller ce temps à attendre dans des petites salles avec des tables basses recouvertes de magasines people… Honnêtement. En attendant elle regarda brièvement l'architecture de la salle. Asymétrique, relativement esthétique... Inutile. Alekaan était née dans un environnement minimaliste, où chaque chose avait une place et une utilité, pas le temps pour de telles bêtises. Elle fronça les sourcils avec amertume. Quelle perte de temps. Elle ne voulait pas regarder ces gens autour d'elle, elle ne voulait pas être là, ne voulait pas les voir, ni les entendre parler. La plupart se faisaient discrets, mais d'autres étaient groupés et discutaient... Elle n’était pas comme eux, pourquoi fallait-il qu’elle soit si près d’eux… Leur odeur était écœurante – aucun d’eux ne portait le parfum naturel qu’elle connaissait, ce parfum qu’était la fierté de leur race… Au lieu de cela ils sentaient la crasse et la sueur… Pourquoi fallait-il qu’elle se mêle à eux. Elle n’était pas un simple ouvrier !
La jeune aux cheveux rouges sombres s’appuya alors au mur, essayant d’ignorer les bribes de paroles qui traversaient l’air autour d’elle.
« Il faut vraiment qu’ils améliorent la paye… » Dit l’une des voix, grave.
« Si tu veux parler au patron, on te laisse faire… Mais compte pas sur nous pour le faire à ta place. »
Il y eut un long soupir puis le sujet dériva. Lamentable. Si ils avaient vraiment tant à se plaindre pourquoi ne pas le faire ensembles, lever leur voix pour n’en faire qu’une seule, hein ? Ils avaient perdus toute notion de ce qu’ils étaient ou quoi ? Etaient-ils devenus plus bas encore que des humains ? Elle mordit l’intérieur de sa joue en jetant ses yeux glaciers vers le plafond. Elle avait envie de pratiquer le Dalar, de se détendre dans le mouvement, de n’entendre que son cœur battant et les souffles contrôlés et réguliers… Grinçant des dents elle ferma les yeux, écoutant son rythme cardiaque pour ignorer tous les autres sons. Son souffle était rapide, elle était énervée, elle avait besoin de se défouler… Sa chambre était trop petite pour ça, où pourrait-elle le faire ? Il fallait qu’elle se trouve un lieu pour s’entraîner, assez calme et grand…
Tout était silencieux, tous les sons et odeurs étaient hors de sa perception… Elle était enfin tranquile.

Bien sûr, cela ne pouvait pas durer.

Soudainement on la bouscula, la sortant de sa bulle de concentration – prise de surprise elle tomba sur le côté mais se rattrapa avec vivacité sur ses mains, finissant le mouvement avec une roue élégante et pour se retrouver avec les deux pieds bien a plats sur le sol. Elle se tourna vers l’endroit où elle s’était trouvée il y a un instant et cria : « Non mais ça va pas la tête bandes de larves vous avez pas honte ?! »
Dans sa rage elle poussa les gens devant elle, ayant aperçu une banquette un peu plus loin, et alla s’y assoir. Son cœur battait dans ses tympans alors qu’elle s’assise, les bras croisés, le regard enragé. La commotion avait quelque peu secoué les parias présents, qui décidèrent qu’il serait mieux de rester un peu plus éloignés d’elle – ils avaient été témoins de sa petite démonstration de force pour éviter la chute, c’était suffisant sans doute.
Lorsqu’elle se détendit enfin, elle se sentit particulièrement observée… Surtout qu’à côté d’elle était assit un grand individu vêtu richement, aux cheveux rouges et à l’allure singulièrement toilettée. Immédiatement elle avala inconfortablement. Il avait énormément de tatouages… Ils étaient fluides et tout aussi élégants que le porteur. Elle se sentit particulièrement hors de place, intimidée par cette présence. Il n’était rien comme tous les autres qui attendaient, ils avaient la fierté d’un Nox dans sa posture et ses vêtements, et il semblait regarder les autres avec dédain… Elle garda sa bouche fermement close, et évita de croiser son regard. Comme si elle n’avait pas déjà attiré l’attention de tout le monde… Elle fut prise d’une envie de s’excuser mais décida contre.
Non, tais-toi, c’est mieux comme ça. Se dit-elle, regardant n’importe où sauf dans sa direction.
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Lun 9 Déc - 20:47

Ah, oui. Il était aussi à noter qu'un brouhaha constant régnait dans cette fameuse salle d'attente. Par chance, Shaanzar avait réussi à devenir parfaitement hermétique à ce dernier: à ses oreilles, il ne s'agissait plus que d'un bruit de fond. Un simple bourdonnement, qui le rendait somnolent, mais qui n'avait aucun sens particulier. Si il avait fallu qu'il capte les discussions des parias - car il ne fallait pas se leurrer, sur une colonie humaine, on en trouvait immensément plus que des noxiens valables - il se serait vite senti excédé... Sa capacité olympique à se mettre en rogne, tout comme son début de journée passablement exécrable, n'auraient pas amélioré les choses. Non vraiment, il faisait bien de se cloîtrer dans une bulle personnelle aussi hermétique que celle qu'il pouvait arborer au dehors de Noxia.

Néanmoins, et malgré qu'il fut assez doué lorsqu'il s'agissait de se perdre dans ses pensées pour mieux se détacher de son environnement, il n'aurait pas pu manquer ce qui n'allait pas tarder d'arriver par la suite... Une silhouette qui se faisait bousculer. Une réaction cassante tout à fait compréhensible - de son point de vue - et qui attira tout de suite son regard. Il lui arrivait d'avoir un certain sens du détail. Depuis qu'il avait quitté Dan'Sinn, il était devenu tout particulièrement sensible à ce qui pouvait le rendre nostalgique de sa seconde maison - la première étant la regrettée Gah'Djinra, qui n'avait pas survécu à l'attaque xoïde qu'elle avait subi, il y a très longtemps de cela. Tout ça pour dire qu'il venait d'assister à une parade rondement menée, preuve d'une maîtrise non-négligeable de la danse d'Alarios. Laquelle exactement, il n'aurait pu le dire avec une si courte démonstration, mais il était au moins sûr d'une chose: là-dessous, se cachait de l'entraînement. D'un coup d'oeil appréciateur, il ne put s'empêcher de balayer du regard la jeune femme qui venait d'exécuter ce mouvement. Non seulement, elle semblait posséder des talents qui œuvraient à la fierté noxienne, mais elle n'était pas vêtue comme les trois quarts des infidèles qui les entouraient. Sa tenue n'était pas celle d'une Sana Noxiras, mais elle était définitivement noxienne. La nouvelle-venue n'était pas comme les autres. Elle était différente. Bon, ok. Sur les centaines de noxiens réunis ici, ils ne devaient pas être les seuls à se démarquer de la marée de parias - ou de parias soupçonnés - mais du moins elle était la seule, dans son champ de vision, à correspondre à ces critères. Et elle avait aussi été nettement plus bruyante que les autres - ce dont il se foutait comme d'un guigne, soyons bien d'accord. Au contraire il préférait les gens qui avaient du caractère - tant qu'ils ne se servaient pas de ce caractère contre lui.

Il constata avec une satisfaction inhabituelle que la jeune femme était venue s'asseoir à côté de lui. Il n'était pas du genre à se soucier d'autrui, mais là, il fallait bien dire que ça embellissait grandement son paysage - et sa journée. Comme à son habitude il était resté de marbre. Inexpressif, comme si de rien n'était. Mais il ne le resta pas longtemps. Après un trop long moment passé sur Léviathan loin des siens - de ceux qui partageaient véritablement ses valeurs - il était prêt à mettre un moment de côté son manque de loquacité. L'ironie du sort, c'était que sa voisine semblait tout faire pour éviter de le regarder. Par pur désintérêt? Par antipathie? Parce qu'elle était à cran? Ou bien l'avait-il impressionnée faute à son appartenance à la caste guerrière, qu'il arborait fièrement? Elle était pourtant bien l'une des seules ici qui aurait eu raison de soutenir son regard. Elle n'avait pas l'air d'être faible. Il y avait quelque chose dans ses mouvements, dans son regard, que Shaanzar reconnaissait. De là, il se fichait pas mal du métier qu'elle pouvait exercer. Chacun avait sa place dans le schéma de Nox. Chacun, selon ses compétences, servait au mieux les desseins de leur peuple, et c'était bien l'essentiel.

"... Joli mouvement.  Je peux vous demander ce que vous fichez sur Léviathan? Du peu que j'ai vu, ça m'a l'air d'être du gâchis..."

Alors qu'il l'observait du coin de l’œil, il avait choisi d'arborer un pâle sourire, destiné à rendre son visage un peu plus engageant. Oui: il en était capable, les rares fois où il en avait envie. Néanmoins il n'y était pas allé par quatre chemins. Son instinct était assez bon... Mais pas suffisamment pour lui assurer qu'il ne s'était pas trompé sur le compte de la nouvelle venue. Et il n'avait aucune envie de copiner avec les rejetés de Nox, déjà qu'il se soupçonnait de l'avoir fait involontairement lors de précédentes rencontres.
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Lun 9 Déc - 22:05

Elle s'était affichée. Elle avait attiré l'attention de tout le monde. Ce n'avait pas été son plan en arrivant là, au contraire. Son intention avait été parfaitement banale, se fondre dans la masse, passer pour un banal ouvrier un peu moins intelligent que la moyenne... Et là voilà, attirant maintenant l'attention de l'un des seuls noxiens purs à l'horizon. C'était évident à le voir, sa tenue, sa posture... Il était un individu formé pour le militaire, les combats. Et bien sûr il fallu qu'il s'adresse à elle. N'avait-il pas pu rester stoïque et silencieux comme tous les autres? Elle n'avait jamais eu l'intention d'engager une discussion en venant s'asseoir là; elle cherchait simplement à s'éloigner du reste de cette population décadente et pitoyable. La voix de son voisin de siège se leva comme une nuée déterminée vers ses oreilles : "... Joli mouvement.  Je peux vous demander ce que vous fichez sur Léviathan? Du peu que j'ai vu, ça m'a l'air d'être du gâchis..."
Alekaan n'avait pas pour habitude de se familiariser avec qui que ce soit, cela lui avait même valu une réputation sur Dan'Shora, alors pourquoi un parfait inconnu avait décidé qu'elle valait le gaspillage de son souffle? Elle frotta nerveusement ses mains. Bon sang, qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir répondre? Qu'est-ce que les noxiens normaux diraient? Elle fut prise d'une envie de se frapper la tête dans un mur. Elle ne savait pas parler à qui que ce soit, elle se terrait dans son entraînement, elle n'avait pas besoin de se sociabiliser... Dans l'instant elle aurait préféré faire face à un adversaire faisant trois mètres portant un large gourdin sur l'épaule qui avait toutes les chances de l'aplatir comme un tapis que d'être là, à devoir parler. Ugh. Elle tenta d'afficher un sourire sur son visage, qui se figea aussitôt. Elle devait se forcer... Sourire comme les gens normaux. Qu'est-ce qu'ils feraient maintenant?
"Eh... Merci."
Voilà, bien, réponds au compliment, c'est poli... C'était quoi le reste de la question? Ah oui, ce qu'elle faisait là. Elle força son sourire à rester sur son visage, tournant légèrement la tête sans le regarder dans les yeux. Du calme, comme à l'entraînement. Elle contrôla son souffle, limitant son coeur battant à toute allure. Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir répondre? Ce n'était pas sage de dévoiler ses véritables intentions devant tous ces gens, et encore moins à un étranger après tout. Enfin... étranger. Il était sans doute l'individu le moins aliénant présent, mais tout de même.
Ne perds pas ton sang froid, t'es arrivée jusque là, tu lui as déjà dit deux mots, tu peux continuer... Se dit-elle, le regardant un instant du coin de l'oeil. Ses cheveux étaient rouges, certainement plus vifs que les siens, et tellement longs... S'il était bel et bien un guerrier alors cela prouvait qu'il avait une extrême aptitude au combat pour les garder ainsi. Mais ce qui l'empêchait de garder le contact visuel plus longtemps étaient ses yeux. Elle connaissait beaucoup de noxiens avec les yeux oranges, jaunes, rouges, couleurs vives... Mais il y avait quelque chose avec les siens... Son regard était posé, calme, d'une certaine façon amusé. Il n'avait pas l'air agressif, ni énervé, bien qu'auparavant il avait eu l'air un peu agacé par la présence de tous ses parias. Alekaan inspira un grand coup, s'appuyant au dossier du siège. Il était certainement plus comme elle que tous les autres regroupés ici. Bon, il était temps de rompre ce silence.
"Ce n'est pas par choix, croyez-moi." Dit-elle, un peu plus nerveusement qu'anticipé.
Elle sentait l'amertume dans sa propre voix... Il fallait bien admettre qu'elle n'était pas plus contente d'être ici, maintenant qu'elle avait vu à quoi ressemblerait son quotidien pour quoi? Les cinq prochaines années si elle avait de la chance? Son sourire devint relativement narquois, sans qu'elle s'y force. Elle pencha la tête en arrière, posant sa tête contre le mur. Cette fois-ci elle n'eut pas honte de le regarder dans les yeux. Elle venait à peine d'arriver, et tout ce qu'elle voulait faire c'était de partir, pourquoi se leurrer?
"Assemblage d'armement. Division ouvrière, du moins c'est ce qu'ils disent."
Elle croisa ses jambes en regardant la file d'attente interminable. En théorie maintenant il fallait qu'elle engage la suite de la conversation en lui posant une question... Non?
"Et vous? Qu'est-ce qui vous amène dans ce trou?"
Car en effet, quel autre nom pouvait-on lui donner? Ce n'était pas sa maison, ce n'était pas sa forteresse, ce n'était qu'une vulgaire colonie humaine encourageant l'arrivée de parias. Elle le regarda du coin de l'oeil avec un léger sourire relativement honnête en attendant qu'il réponde.
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Lun 9 Déc - 23:30

Si Shaanzar avait été capable de deviner ce qu'il se passait dans le crâne orageux de son interlocutrice, il aurait sans doute été très amusé de se rendre compte à quel point les rôles avaient été inversés vis-à-vis de ce qu'il se passait habituellement dès qu'il était amené à interagir socialement. Bon, ok. Ca n'arrivait pas souvent. Il avait une bonne réputation en tant que Sana Noxiras, mais en tant que personne, sur Dan'Sinn, tout le monde ou presque l'évitait: d'une, il n'avait pas beaucoup de répondant, et de deux, une empathie au diapason de sa sympathie naturelle: très faible, sauf en cas d'alignement des planètes. Du coup, il pouvait sembler relativement peu fiable - enfin dès qu'il s'agissait de quelque chose à laquelle les règles du Sana Tirhas et sa fierté noxienne ne le liaient pas. Pour tout le reste, il obéissait comme une machine.

Il avait beau être aussi doué qu'une mite asthmatique lorsqu'il s'agissait de mener une discussion enrichissante, il parvint tout de même à remarquer que la noxienne à laquelle il s'était adressé semblait tendue. De la peur? Ça n'était pas la première fois qu'il voyait ce genre d'expression sur le visage de quelqu'un, mais généralement il l'avait au moins un peu mérité. Là, il avait même essayé de sembler sympa. Il aurait peut-être dû essayer plus souvent histoire de s'améliorer un peu...

Ouais bon. Du coup il n'avait rien répondu au "merci" difficile qu'elle lui avait adressé, trop occupé qu'il était à rester perplexe et à chercher en vain une suite à cette conversation, ne serait-ce que pour la clore avec dignité. Croyant qu'elle allait enchaîner, il n'avait pas préparé la suite, en fait. Il la fixait en silence, et son regard redevenait progressivement froid et lointain. Ce jusqu'à ce qu'elle réponde enfin à la question qu'il lui avait posé, et réveille une lueur d’intérêt dans ses prunelles cuivrées, qui recommencèrent du même coup à détailler son apparence. Ses cheveux étaient portés courts. Leur couleur était relativement similaire à la sienne, bien que plus sombre. Les courbes de son corps n'étaient pas spécialement mises en valeur par les vêtements qu'elle portait et Shaanzar ne chercha pas à voir au delà de cette barrière. Son esprit vagabondait ailleurs, loin des préoccupations physiques. Malgré tout il parvint à se dire qu'il aimait bien ce qui se dégageait de sa personne, sans prendre plus de temps à analyser ce qu'il appréciait vraiment.

Il aimait à penser qu'il n'était pas venu sur Léviathan par choix non plus, même si concrètement, c'était lui qui avait décidé d'accepter la proposition des chamanes, afin de reprendre le service au plus tôt. Était-elle dans une situation similaire? Elle l'informa quant à la nature de son job. Ça ne lui disait pas vraiment comment elle s'était retrouvée ici, mais il en savait suffisamment pour avoir la quasi certitude de ne s'être pas trompé. Il avait à côté de lui une vraie noxienne. Un peu plus, il se serait senti chez lui.

Mais du coup, sa curiosité allait lui revenir dans la face. Il avait gagné le droit d'expliquer à son tour les raisons de sa présence sur la colonie humaine. C'était une histoire qu'il rechignait à raconter, en temps normal. Mais si il l'avait dite à Tili, il pouvait bien faire un effort. Un soupir frustré lui échappa, avant qu'il ne hausse les épaules et retienne une grimace de désagrément au souvenir de ce qui l'avait poussé à accepter ce voyage:

"Mutation provisoire, à cause d'une blessure de guerre invalidante. Je suis suffisamment remis pour retourner au front, mais les chamanes n'étaient pas de cet avis. Ils m'ont envoyé ici où l'ont fui les xoïdes au lieu de les combattre, dans l'espoir que j'en rencontrerais moins."

Tout le dégoût, la honte et la colère qu'il éprouvait vis-à-vis de ces événements transparurent dans le ton de sa voix. Même maintenant, il n'avait pas avalé la pilule. Il se pliait au Sana Tirhas et aux commandements des chamanes, mais sa dignité comme sa patience avaient été mises à rude épreuve. Des éclairs de rages traversèrent brièvement ses prunelles qu'il avait détournées, puis il les dirigea prudemment sur la noxienne, une nouvelle fois.

"C'était ça ou l'inactivité forcée. Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir eu le choix non plus..."

Déjà fatigué de parler - prendre l'initiative des questions lui était éreintant - il était en train de perdre en motivation, même si il aurait été curieux de savoir ce qui pouvait pousser une noxienne de sa branche de travail à quitter sa patrie. C'était ce genre de cas où récolter des histoires vous permettait de relativiser votre propre malheur. Il fit une pause dans son discours, le temps d'attendre une réaction, et/ou de trouver la volonté de formuler son interrogation.
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Jeu 19 Déc - 18:24

Les mots avaient à peine fini de remplir l'air entre eux qu'elle sentit toutes les émotions négatives qui émanaient du nox à ses côtés. Son visage était légèrement crispé, son allure tendue. Elle n'avait pas eu l'intention de faire jaillir des mauvais souvenirs ou quoi que ce soit, ni même de l'offenser - elle n'avait aucune certitude de quelle situation c'était, mais le résultat restait le même : il était mécontent.

Elle le contempla silencieusement du coin de l'oeil, se demandant pourquoi la question lui faisait cet effet-là. Des scénarios différents jaillirent dans son esprit : un envoi ici contre son gré, l'impossibilité de rentrer, des tensions avec les chamans de sa forteresse... Peut-être qu'il portait fièrement ces vêtements parce qu'en réalité il avait été en quelques sortes rejeté? Elle doutait qu'il ait été banni, cela ne lui semblait même pas possible, car posséder de tels vêtements lui vaudraient bien des problèmes si c'était le cas. Non, il y avait une autre raison derrière tout ça. Il était clairement fait pour le combat, tout chez lui disait "guerrier". Que pouvait-il arriver à un guerrier...?

La réponse vint, et tout fut clair. Une blessure invalidante. Qu'il expliqua qu'il allait bien mieux ne lui semblait pas étonnant ; il paraissait en bon état physique, même mieux que cela sans doute! Elle savait reconnaître quelqu'un d'entraîné, ayant passé tant de temps elle-même à pratiquer le Dalaar avec les autres nox de Dan'Shora. Elle hocha brièvement sa tête - de ce qu'elle avait vu jusqu'ici, les gens semblaient loin d'être inquiets d'éventuelles attaques de Xoïdes... Certes ils devaient se croire prêts avec leurs armes et tout... Mais comme le disait le nox aux cheveux rouges à ses côtés : ils fuyaient sans doute plus souvent, au lieu de faire face à l'adversaire.

Et tout cela le faisait rager. Alekaan avait vu des gens énervés, mais lui... L'inaction le rendait malade, il devait tellement détester cela. Une sorte de peine la prit; si elle avait eu plus de muscles que de cerveau, et si elle avait été envoyée dans l'armée, alors l'idée même de devoir rester sur le banc de touche l'aurait tué de l'intérieur. Il avait détourné les yeux, comme honteux de sa situation - aurait-elle été plus ouverte et familière avec lui, elle lui aurait sans doute donné un bref coup de poing dans l'épaule en guise de soutien (elle ne savait pas faire autrement, elle n'avait pas été élevée dans l'élégance...)

"C'était ça ou l'inactivité forcée. Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir eu le choix non plus..." Ajouta-t-il, tournant son regard à nouveau vers elle.

Cette fois-ci elle le tint ce regard. Elle n'aimait pas le contact des yeux, trop distrayant, trop facile d'y lire un mensonge... Mais il était parfaitement honnête, et elle ressentait l'injustice qui lui avait été faite.
Suite à cela il resta silencieux, attendant probablement une réponse... Alekaan ne trouva rien d'autre à faire que de soupirer longuement, s'appuyant contre le mur derrière elle. Ses yeux se tournèrent vers le plafond, le silence se faisant un instant dans son esprit. Elle ne savait pas quoi dire, ne trouvait pas les mots. Elle n'avait jamais su comment rassurer, comment remotiver... Sur l'instant elle maudissait son incapacité à être sociale, son handicap... Elle ouvrit un instant la bouche, dans l'espoir que le mouvement inspire quelques mots... En lieu de ça un rot manqua de s'échapper - elle le ravala rapidement, riant nerveusement; chose qui lui donna de l'inspiration...

"Je crois que les choses ne pourraient pas être pires... Que ce soit vous ou moi."

C'est alors que des cris vinrent des portes à l'autre bout de la salle, là où avait lieu la visite médicale. De suite Alekaan était raide sur sa chaise, tête tournée vers les portes, son coeur battant dans ses tympans. Toute la salle fut silencieuse un moment, puis ces mots lui échappèrent : "Peut-être que si finalement..."
Sa voix n'était qu'un murmure, et elle garda l'oreille tendue. Qu'est-ce qu'il se passait là-bas dedans?
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Ven 20 Déc - 20:28

[o/ j'ai fait comme on a dit, tu me dis si un truc te dérange vu que du coup j'ai pas mal avancé]

La noxienne ne détourna pas les yeux, ce que Shaanzar interpréta comme un signe engageant. Nan, franchement, il n'avait pas besoin de plus. Avec Tili, il avait eu sa dose d'exubérance, et au dehors de quelques collègues avec lesquels il n'avait pas sympathisé, elle avait jusque là été la seule noxienne avec qui il entretenait des "relations". Un peu de calme et ... d'approbation, ne pouvaient pas faire de mal. Et son interlocutrice n'avait pas l'air d'être sur le point de lui servir un "baaah c'est pas si mal ici, on découvre une nouvelle culture, tout ça!", ce dont il lui serait gré si elle l'en épargnait. Rien n'était pire que de devoir se mêler aux humains, et ça aurait été retourner le couteau dans la plaie que de lui rappeler ce à quoi il avait dû se rabaisser. Par chance elle avait l'air d'être sur la même longueur d'onde que lui, et ce qui aurait pu passer pour une réponse déprimante lui fit plutôt l'effet contraire.

D'un coup, au lieu de continuer à se plaindre et à s'apitoyer sur son sort comme il le faisait habituellement, il dressa subitement la liste de toutes les choses qui auraient largement pu aller moins bien - au moins dans son cas, vu qu'il ne savait toujours pas pourquoi sa voisine s'était retrouvée ici. Etant de manière générale très avare en question, sachant qu'elle avait éludé sa première interrogation, il semblait bien qu'il n'était pas près de l'apprendre d'ailleurs.

Sa blessure aurait pu être bien pire. Il aurait pu y passer - ce qui aurait été un meilleur scénario à son goût. Il avait bien l'intention de mourir sur le champ de bataille, en protégeant sa patrie et ses frères. Il aurait pu être blessé encore plus salement et devenir totalement inapte au combat, ce qui l'aurait amputé de son statut de Sana Noxiras et de sa raison de vivre... Il aurait pu être muté sur Léviathan de manière définitive... Nan, franchement, mieux valait ne pas tenter le diable en affirmant que leurs situations ne pourraient pas empirer, car c'était généralement dans ces cas là que ça finissait par arriver. Un rictus amusé au coin de la lèvre, il était sur le point de répondre, lorsqu'un événement inattendu vint appuyer sa théorie, ainsi que le remarqua justement la noxienne avec son  "Peut-être que si finalement..." qui n'aurait pas pu être mieux placé.

Néanmoins Shaanzar ne prit pas le temps de lui faire la remarque. Alors qu'un premier cri venait de retentir du côté des salles médicales, son bras droit - caché sous la seule des manches de sa veste de Noxiras Dan'Sinn qu'il avait daigné enfilé, pour des raisons qui n'étaient évidentes que pour lui - avait réagi au quart de tour. Habitué à devoir écouter ce membre avant même de faire confiance au reste de ses sens ou même à sa raison, le noxien s'était automatiquement redressé, et avait par pur réflexe adopté une posture de combat. Tout s'était déroulé si vite qu'il n'avait pas eu le temps de se rendre compte que sa réaction pourrait paraître excessive. Et il était presque certain qu'elle ne l'était pas tant que ça: il avait beau le détester pour toutes les galères qu'il lui avait eu à cause de lui... Shaanzar faisait confiance à son bras droit et aux instincts anormalement affutés qu'il lui transmettait.

"... Venez avec moi."

Pas un mot de plus. D'ailleurs il ne vérifia même pas si elle le suivait, ou bien si d'autres allaient se lever pour vérifier de quoi il en retournait. Il ne voulait d'ailleurs pas avoir à faire ce constat affligeant... Voir à quel point la couardise primate avait su entacher leurs gènes noxiens n'aurait fait que le déprimer à un moment où il préférait garder toute sa concentration sur l'urgence potentielle. Il traversa la pièce, et arriva bientôt face à une porte, derrière laquelle plusieurs cris de douleur vibraient encore. Définitivement pas un traitement médical en cours... Le souci, c'était que la porte s'ouvrait vers l'intérieur (de leur côté du mur). Pas spécialement pratique pour une entrée maîtrisée. Par chance les neurones de Shaanzar tournaient vite dans ce genre de situation. Il tourna les yeux sur la noxienne à côté de lui, et la fixa intensément, le temps de lui montrer la porte, et de lui indiquer via langage des signes improvisé, qu'il lui demandait de lui ouvrir la route. Le rôle n'était pas très gratifiant, mais en tant que Sana Noxiras il se devait de prendre l'initiative. Même si il n'était pas certain de ce qu'il allait trouver derrière cette porte, ni d'être tenu de protéger la vie des probables parias - ou des médecins humains - qui se trouveraient là-bas.

Il recula suffisamment pour laisser la place à la porte de glisser sur ses gonds. Il se positionna dans l'angle qui lui permettrait d'agir le plus rapidement. Là, il s'agenouilla presque, adoptant une posture accroupie qui lui permettrait d'effectuer un bond puissant si besoin. Pas génial pour son genou encore fragilisé, certes. Mais il lui en fallait plus que ça pour que la fatigue se fasse sentir, et qu'il commence à avoir mal au point que cela devienne gênant.

Grand bien lui avait pris. A peine la porte eut-elle glissé suffisamment pour qu'il entrevoie l'intérieur de la pièce qu'un tir siffla au dessus de sa tête. Son assaillant n'avait pas prévu qu'il rase le sol de la sorte, et fut donc déstabilisé par cette approche. Shaanzar fusa sur l'homme qui gardait la porte et dans une même roulade, happa ses jambes pour le faire tomber, puis prit le dessus, désarmant sa main en l'écrasant du pied. D'un geste fluide il lui porta un coup à la tête pour le sonner, et mit les doigts autour de la gorge de l'humain, prêt à lui déboîter la trachée si besoin était. Il pouvait le tuer dans la seconde si il décidait malgré la situation de se débattre. Mais Shaanzar avait tout intérêt à le garder en vie: d'un coup d'oeil, il prit connaissance de la situation.

Le médecin et ses acolytes avaient été réunis dans un coin de la pièce, acculés, les mains en l'air. Ils le regardaient dorénavant avec des yeux écarquillés, et la teinte grisâtre de leur visage était plutôt explicite: ils n'étaient pas loin de se faire dessus. Un cadavre en blouse blanche traînait par terre dans une flaque de sang. Un noxien blessé agonisait par terre - c'était ses cris qui résonnaient encore. La vitre brisée tout au fond expliquait comment la demi-douzaine d'hommes qui le tenaient en joue avaient réussi à s'infiltrer dans les locaux. Il en avait maîtrisé un, mais il en restait encore cinq. Et si il avait réussi son premier mouvement avec brio, il n'allait pas pouvoir venir à bout des autres si facilement. L'effet de surprise, ça ne marchait qu'une fois.

"... Si j'appuie là, il est mort. Et j'aurai le temps de le faire, je vous l'assure."

Les visages des assaillants, aussi patibulaires furent-ils, prirent un aspect comique tandis qu'une expression perplexe les envahissait. Shaanzar s'était exprimé en noxien, par pur réflexe, et parce que il n'avait pas encore un niveau suffisamment important pour s'exprimer en humain de façon spontanée. Le souci, c'est que ces types ne connaissaient pas l'ombre d'un mot dans sa langue natale. Généralement, les fascistes anti-noxiens trouvaient mieux à faire. Et sauf si ces types avaient vraiment cru faire fortune en braquant un établissement administratif dont la principale activité était de tripatouiller des noxiens pour vérifier leur état de santé, il y avait de bonnes chances qu'ils correspondent à ce profil.

Bon et maintenant... C'était à son acolyte de jouer. Et aux éventuels noxiens de la salle d'attente qui en étaient encore de vrais, comme aux parias qui se seraient retrouvés l'ombre d'une fierté.
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MessageSujet: Re: On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou   Aujourd'hui à 10:11

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On ne sort jamais vraiment de la maison qui rend fou

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